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Origano, origanos et Aristote

Mercredi, 2 février 2005

Culture, Environnement, Histoire, Littérature, Nature

Origano origanos et Aristote

En –347 au centre du monde, à Athènes, Platon, le fondateur de la première académie rend l’âme. Parmi les prétendants au poste de contrôle de la grande institution, Aristote, 37 ans, qui a, dit-on, surpassé son maître à bien des égards, s’embarque pour la Perse avant de revenir sur les terres grecques où il pose son balluchon sur l’île enchanteresse de Lesbos, à quelques kilomètres des côtes d’Asie Mineure.

Parmi ces coteaux garnis d’oliviers, de vignes, d’arbres fruitiers et de fleurs sauvages arrosés des vagues de la mer Égée, allait naître une œuvre remarquable de l’un des plus célèbres maîtres de la Grèce : l’histoire des animaux, une vaste encyclopédie de dix volumes, rassemblant les connaissances de l’époque ainsi que les observations d’Aristote sur les mœurs animales. L’œuvre connaîtra un immense succès et sera traduite en latin, en hébreu et en arabe.

« La nature ne fait rien en vain ni de superflu », écrira-t-il. Ainsi en est-il de cette petite plante sauvage aux pétales rosés, soudés comme des lèvres ouvertes qui se multiplie dans les prés et qui semble faire sourire les collines. Cette plante qu’on surnomme la joie de la montagne (oros ganos) est tellement radieuse que les jeunes gens en font des couronnes qu’ils arborent fièrement le jour de leurs épousailles.

Non dépourvu de vertus, l’origanos, que les Romains nommeront origano, en plus d’être apprécié comme fleurs d'origanaromate en art culinaire, peut soulager les troubles nerveux de l’estomac, spasmes intestinaux, catarrhes, migraines, tics de la face, insomnies, bronchite, rhumatismes, maux de dents… Aristote note, au chapitre six de son neuvième livre de l’Histoire des animaux que la tortue ne craint pas le venin des vipères parce qu’elle mange de l’origan (origanos) en cas de morsure. Plus tard, les Italiens conjugueront le vert de l’origan au rouge de la tomate et à la blancheur du mozzarella pour assortir les couleurs de leur drapeau national à celles de leurs assiettes.

C’est pour rendre hommage aux vertus de l’Univers et de ses créations qu’origaNo, dont le nom rappelle la joie de la montagne de même que le Nô du théâtre antique des masques japonais, fut créé. Considérant l’existence humaine comme un passage dans un vaste théâtre où les acteurs arborent parfois tel masque, parfois un autre, dès lors, tout l’art d’exister réside dans le fait de reconnaître qu’il s’agit là d’un rite de passage. Ainsi en est-il d’origaNo qui vivra désormais sous l’aspect de dharma blues. Puissiez-vous apprécier sa nouvelle incarnation !

Billet original publié le 14 février 2005 sur origaNo sous le pseudonyme de Zoé.

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Ce billet a été rédigé par :

Maricler - a rédigé 10 billets sur dharma blues.


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